Un parcours forgé par l’animation
Pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours ?
J’ai commencé l’animation à 18 ans, d’abord en colonies de vacances et en périscolaire. Rapidement, j’ai su que j’aimais ça. J’ai donc par la suite passé mon BPJEPS LTP (Loisirs Tous Publics), avec la spécialisation en direction.
J’ai ensuite dirigé différentes structures : centres de loisirs, colonies de vacances, en France comme à l’étranger. Par la suite, j’ai rencontré Olivier, et
j’ai rejoint peu de temps après Côté Découvertes en tant qu’animateur. Quelques années plus tard, je lui ai parlé de mon envie de m’implanter en Bretagne. On s’est alors dit que c’était possible que je monte ma propre structure.
En 2012, j’ai lancé mon entreprise avec des
animations autour de la nature et de l’environnement : pêche à pied, jeux bretons, contes, balades… Puis l’envie d’évoluer et née, celle de transmettre autrement. J’ai commencé à me diriger vers une forme plus artistique, plus libre :
le spectacle.
Aujourd’hui mes activités sont plus diversifiées : je ne fais plus uniquement des prestations pour les séjours scolaire. Avec ma compagne, nous avons créé une compagnie de spectacles itinérants. On a transformé quatre caravanes en manège, en escape game, en studio photo ou en scène de marionnettes. On tourne partout : festivals, fêtes de village, arts de rue… Avec La Caravane Ludique, notre objectif est de faire rêver petits et grands. Ce qui nous anime, c’est de captiver les enfants, de les faire voyager et de
transmettre à travers l’imaginaire.
L’animation, c’était une évidence dès le départ ?
Oui, c’était clair pour moi. Je savais que
je voulais transmettre, que ce soit auprès des enfants ou d’un public plus large. Même si je me suis aujourd’hui tourné vers le spectacle, je continue à intervenir avec Côté Découvertes entre mars et juin.
Ce que j’apprécie toujours autant, c’est la liberté pédagogique. Je suis un peu “alternatif” dans ma façon d’animer : je mets des costumes, je joue sur les mots, j’utilise la magie et le conte pour accrocher les enfants. Ce qui compte, c’est
qu’ils s’émerveillent et qu’ils apprennent sans s’en rendre compte. J’aime amener les enfants ailleurs, avec des histoires, des personnages, des moments un peu magiques.
Faire rêver pour mieux transmettre
Qu’est ce qui vous passionne dans votre métier, auprès des élèves ?
Pour moi, ce qui me passionne avant tout c’est
la retransmission et cette liberté pédagogique. Mon but, c’est de captiver les enfants, qu’ils s’amusent en retenant des choses.
Ce que j’aime c’est vraiment la liberté de leur montrer tout ce qui tourne autour de la nature, même si j’en fais moins. C’est toujours chouette de les voir partir à la
découverte du monde qui les entoure. Dans ces explorations, les jeux qu’on organise apportent cette dimension ludique et les balades contées, c’est la touche magique, celle qui fait voyager l’imaginaire.
« C’est leurs regards émerveillés et les “Waouh !”, qui me nourrissent. On veut les faire rêver et leur ouvrir d’autres horizons. »
Un souvenir marquant qui résume cette vocation ?
Un des souvenirs les plus marquants pour moi, c’est avec
Jean-Luc Lerebourg, un conteur avec qui j’ai beaucoup travaillé, et qui nous a quittés depuis.
On animait des balades contées en forêt de Brocéliande. Je revois encore les enfants sauter dans la rivière, libres, à s’imaginer chevaliers en pleine aventure… C’est dans ces moments-là que je me dis : « Voilà pourquoi je fais ce métier. Là, t’as réussi ta journée. »
Jean-Luc,
c’était un peu mon mentor. C’est lui qui m’a mis sur le chemin du conte, qui m’a poussé à aller plus loin, à me développer, à ne pas rester animateur toute ma vie, mais à explorer de nouvelles choses.
C’est ce côté de folie, de magie et ce rapport à la liberté qui m’a donné l’envie de faire ce que je fais aujourd’hui.
Quelle importance accordez-vous à l’accueil lors des séjours ?
Tout commence par la
mise en confiance. Si les enseignants et les élèves se sentent bien dès l’arrivée, tout devient plus simple, plus fluide. C’est un peu comme lorsqu’on arrive dans un camping pour les vacances : si l’accueil est chaleureux, on a envie de rester, de participer, de s’investir. C’est exactement pareil lors d’une classe découverte.
Avec ma femme, on attache beaucoup d’importance à cette
qualité d’accueil, que ce soit avec les enseignants, les enfants ou le public en général. C’est cette première attention qui crée le lien, qui donne envie de vivre ensemble quelque chose.
C’est ce qui nous permet ensuite de nous lâcher, de proposer des moments de rire, de partage, de création. Mais tout commence là : par une vraie attention à l’autre.
Que cherchez vous à transmettre aux élèves ?
J’ai envie de leur montrer que l’école peut être autrement. Que
l’école dehors, l’école de la vie, c’est aussi une forme d’apprentissage : plus vivante, plus libre, plus engageante. On ne sait pas à quoi ressemblera le monde en 2040, alors il faut qu’on leur transmette des clés qui leur serviront : la curiosité, l’autonomie, la liberté d’être soi.
Je pense que
nos interventions viennent en complément de ce qu’ils apprennent à l’école. On peut aussi apprendre en bougeant, en expérimentant, en vivant les choses pleinement.
Et puis j’espère que certains perçoivent dans tout ça des discours cachés. Des idées, des envies, peut-être même un nouveau regard sur ce qu’ils peuvent devenir. L’important, c’est de se faire plaisir, de rester curieux, de se sentir libre. Et puis on
transmet aussi des valeurssimples mais essentielles : le respect, l’écoute… et un brin de folie. Parce que sans un peu de folie, il manque toujours un peu de magie.