Captiver et transmettre : Adrien Mounier et la folie de l’animation
Adrien Mounier fait partie de ces passeurs d’imaginaire pour qui jeu et apprentissage, rêve et transmission vont de pair. Installé sur la côte bretonne, il intervient depuis plusieurs années auprès de nos classes de mer en Bretagne, à travers des animations autour de la nature, du conte et du jeu. Avec ses histoires, ses costumes et ses mises en scène, il transporte les enfants dans un univers à la fois ludique et merveilleux. Car au fond, ce qu’Adrien transmet, c’est une invitation à explorer, rêver… et apprendre autrement.
Adrien Mounier fait partie de ces passeurs d’imaginaire pour qui jeu et apprentissage, rêve et transmission vont de pair. Installé sur la côte bretonne, il intervient depuis plusieurs années auprès de nos classes de mer en Bretagne, à travers des animations autour de la nature, du conte et du jeu. Avec ses histoires, ses costumes et ses mises en scène, il transporte les enfants dans un univers à la fois ludique et merveilleux. Car au fond, ce qu’Adrien transmet, c’est une invitation à explorer, rêver… et apprendre autrement.
I. Un parcours forgé par l’animation
Pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours ?
J’ai commencé l’animation à 18 ans, d’abord en colonies de vacances et en périscolaire. Rapidement, j’ai su que j’aimais ça. J’ai donc par la suite passé mon BPJEPS LTP (Loisirs Tous Publics), avec la spécialisation en direction.
J’ai ensuite dirigé différentes structures : centres de loisirs, colonies de vacances, en France comme à l’étranger. Par la suite, j’ai rencontré Olivier, et j’ai rejoint peu de temps après Côté Découvertes en tant qu’animateur. Quelques années plus tard, je lui ai parlé de mon envie de m’implanter en Bretagne. On s’est alors dit que c’était possible que je monte ma propre structure.
En 2012, j’ai lancé mon entreprise avec des animations autour de la nature et de l’environnement : pêche à pied, jeux bretons, contes, balades… Puis l’envie d’évoluer et née, celle de transmettre autrement. J’ai commencé à me diriger vers une forme plus artistique, plus libre : le spectacle.
Aujourd’hui mes activités sont plus diversifiées : je ne fais plus uniquement des prestations pour les séjours scolaire. Avec ma compagne, nous avons créé une compagnie de spectacles itinérants. On a transformé quatre caravanes en manège, en escape game, en studio photo ou en scène de marionnettes. On tourne partout : festivals, fêtes de village, arts de rue… Avec La Caravane Ludique, notre objectif est de faire rêver petits et grands. Ce qui nous anime, c’est de captiver les enfants, de les faire voyager et de transmettre à travers l’imaginaire.
L’animation, c’était une évidence dès le départ ?
Oui, c’était clair pour moi. Je savais que je voulais transmettre, que ce soit auprès des enfants ou d’un public plus large. Même si je me suis aujourd’hui tourné vers le spectacle, je continue à intervenir avec Côté Découvertes entre mars et juin.
Ce que j’apprécie toujours autant, c’est la liberté pédagogique. Je suis un peu “alternatif” dans ma façon d’animer : je mets des costumes, je joue sur les mots, j’utilise la magie et le conte pour accrocher les enfants. Ce qui compte, c’est qu’ils s’émerveillent et qu’ils apprennent sans s’en rendre compte. J’aime amener les enfants ailleurs, avec des histoires, des personnages, des moments un peu magiques.
II. Faire rêver pour mieux transmettre
Qu’est ce qui vous passionne dans votre métier, auprès des élèves ?
Pour moi, ce qui me passionne avant tout c’est la retransmission et cette liberté pédagogique. Mon but, c’est de captiver les enfants, qu’ils s’amusent en retenant des choses.
Ce que j’aime c’est vraiment la liberté de leur montrer tout ce qui tourne autour de la nature, même si j’en fais moins. C’est toujours chouette de les voir partir à la découverte du monde qui les entoure. Dans ces explorations, les jeux qu’on organise apportent cette dimension ludique et les balades contées, c’est la touche magique, celle qui fait voyager l’imaginaire.
💭 « C’est leurs regards émerveillés et les “Waouh !”, qui me nourrissent. On veut les faire rêver et leur ouvrir d’autres horizons. »
Un souvenir marquant qui résume cette vocation ?
Un des souvenirs les plus marquants pour moi, c’est avec Jean-Luc Lerebourg, un conteur avec qui j’ai beaucoup travaillé, et qui nous a quittés depuis.
On animait des balades contées en forêt de Brocéliande. Je revois encore les enfants sauter dans la rivière, libres, à s’imaginer chevaliers en pleine aventure… C’est dans ces moments-là que je me dis : « Voilà pourquoi je fais ce métier. Là, t’as réussi ta journée. »
Jean-Luc, c’était un peu mon mentor. C’est lui qui m’a mis sur le chemin du conte, qui m’a poussé à aller plus loin, à me développer, à ne pas rester animateur toute ma vie, mais à explorer de nouvelles choses.
C’est ce côté de folie, de magie et ce rapport à la liberté qui m’a donné l’envie de faire ce que je fais aujourd’hui.
Quelle importance accordez-vous à l’accueil lors des séjours ?
Tout commence par la mise en confiance. Si les enseignants et les élèves se sentent bien dès l’arrivée, tout devient plus simple, plus fluide. C’est un peu comme lorsqu’on arrive dans un camping pour les vacances : si l’accueil est chaleureux, on a envie de rester, de participer, de s’investir. C’est exactement pareil lors d’une classe découverte.
Avec ma femme, on attache beaucoup d’importance à cette qualité d’accueil, que ce soit avec les enseignants, les enfants ou le public en général. C’est cette première attention qui crée le lien, qui donne envie de vivre ensemble quelque chose.
C’est ce qui nous permet ensuite de nous lâcher, de proposer des moments de rire, de partage, de création. Mais tout commence là : par une vraie attention à l’autre.
Que cherchez vous à transmettre aux élèves ?
J’ai envie de leur montrer que l’école peut être autrement. Que l’école dehors, l’école de la vie, c’est aussi une forme d’apprentissage : plus vivante, plus libre, plus engageante. On ne sait pas à quoi ressemblera le monde en 2040, alors il faut qu’on leur transmette des clés qui leur serviront : la curiosité, l’autonomie, la liberté d’être soi.
Je pense que nos interventions viennent en complément de ce qu’ils apprennent à l’école. On peut aussi apprendre en bougeant, en expérimentant, en vivant les choses pleinement.
Et puis j’espère que certains perçoivent dans tout ça des discours cachés. Des idées, des envies, peut-être même un nouveau regard sur ce qu’ils peuvent devenir. L’important, c’est de se faire plaisir, de rester curieux, de se sentir libre. Et puis on transmet aussi des valeurs simples mais essentielles : le respect, l’écoute… et un brin de folie. Parce que sans un peu de folie, il manque toujours un peu de magie.
III. Quand les élèves laissent une trace
Qu’est ce que ces moments vous apportent personnellement ?
Je vis chaque animation comme une représentation. Quand je vois les enfants rire, écouter attentivement, ou se laisser emporter par leurs rêves, je me sens utile et c’est ca qui me nourrit. Plus le public est réceptif, plus j’ai envie de donner.
Ce que j’aime dans mon métier, c’est ce temps court mais intense que je partage avec les enfants. Je ne garde que le meilleur de ces moments et à travers les échanges que je peux avoir avec eux, des belles choses se créent.
Quand je vois les sourires, les regards émerveillés de 30 ou 40 enfants devant moi, la bouche ouverte, mais silencieux… je sais que je les ai vraiment touchés. Et là, je me dis “c’est bon t’as gagné”.
C’est aussi ce moment-là, cette petite parenthèse joyeuse mêlée à un apprentissage qui me plaît. L’essentiel, c’est qu’ils puissent rêver et repartir avec un beau souvenir, une belle expérience.
Avez vous une anecdote à nous partager ? Un moment qui vous a marqué ?
Un moment qui m’a vraiment marqué, c’est la rencontre avec une animatrice, il y a trois ans, lors d’un séjour Côté Découvertes.
Elle arrive vers moi et me dit : « J’ai déjà fait un séjour avec toi. » Je lui réponds que je ne me souviens pas d’elle en tant qu’animatrice. Et elle me répond : « Non, j’étais élève en CE2, en classe découverte avec toi. »
C’est assez drôle de croiser aujourd’hui une élève que j’ai connue enfant, et de la voir maintenant en tant qu’animatrice. Je crois que c’était à Sarzeau, les deux fois : en 2007, quand elle était en CE2 et que je débutais comme animateur, puis en 2023, où elle revenait cette fois en tant qu’animatrice sur le séjour.
On a échangé sur ses souvenirs d’enfant, les veillées, l’île aux Moines, le centre d’hébergement, qu’elle percevait complètement différemment à l’époque. C’est chouette, vraiment, de voir qu’une élève se rappelle de toi, et pouvoir partager avec elle toutes ces histoires.
Pour conclure
Adrien fait partie de ces rencontres qui marquent un séjour.
Par sa créativité, son regard sur le monde et son envie de transmettre autrement, il laisse une empreinte durable dans l’imaginaire des élèves. Dans le cadre d’une classe de découverte en Bretagne, sa présence transforme une simple activité en une expérience vivante, sensible et à coup sûr inoubliable.