Entre terre et mer : Maxim Marzi révèle la Baie de Somme aux élèves.

guide nature en baie de somme

Entre terre et mer : Maxim Marzi révèle la Baie de Somme aux élèves.

Avec Maxim, la Baie de Somme se découvre autant dans ses grands paysages que dans ses détails les plus discrets. Guide nature et conteur, il invite les élèves à observer, toucher, questionner et s’émerveiller de ce qu’ils rencontrent sur le littoral. Ses animations mêlent marche, jeu, récit et manipulation pour faire apparaître toute la richesse d’un territoire vivant, parfois visible au premier regard, parfois cachée dans la vase, les plantes ou les traces laissées sur le sable.

Avec Maxim, la Baie de Somme se découvre autant dans ses grands paysages que dans ses détails les plus discrets. Guide nature et conteur, il invite les élèves à observer, toucher, questionner et s’émerveiller de ce qu’ils rencontrent sur le littoral. Ses animations mêlent marche, jeu, récit et manipulation pour faire apparaître toute la richesse d’un territoire vivant, parfois visible au premier regard, parfois cachée dans la vase, les plantes ou les traces laissées sur le sable.

I. Naissance d’une vocation, ancrée en Baie de Somme

Pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours ?

Guide nature et conteur en Baie de Somme, mon attrait pour l’environnement a démarré avec une anecdote toute simple : un cadeau de mon parrain. Il m’a offert le fameux livre Copain des Bois. Cela a été une véritable révélation et le point de départ de ma curiosité pour la géographie et le monde qui nous entoure.

J’ai ensuite eu l’opportunité de réaliser un Service Volontaire Européen d’un an en Italie. J’y ai accompagné des personnes en situation de handicap, en utilisant le contact avec la nature comme un véritable outil de soin et d’évolution. Cette expérience, suivie d’une formation spécialisée en Lozère, a confirmé ma vocation : je voulais animer et transmettre.

Aujourd’hui, j’aborde mon métier par l’émerveillement, l’éveil de la curiosité et de la connaissance. Mon but est de partager simplement les curiosités et les secrets de notre environnement en racontant ses histoires à mon public.

 

Qu’est-ce qui vous lie spécifiquement à la Baie de Somme ?

Je suis un véritable amoureux de la Baie de Somme. Originaire de Reims, c’est à Cayeux-sur-Mer que j’ai passé toutes mes vacances d’enfance auprès de ma famille.

Mon installation définitive s’est pourtant faite par le hasard d’une rencontre, au bon endroit et au bon moment. En 2008, à mon retour de Lozère, une « personne ressource », un chasseur passionné de nature, m’a transmis les secrets de la baie et m’a ouvert ses portes en m’intégrant dans son équipe de guides, au tout début des activités de plein air.

C’est ainsi que j’ai découvert la « tribu des sauvaginiers », des hommes et des femmes profondément passionnés par les oiseaux. Cette rencontre fortuite a scellé mon attachement à ce territoire, et je lui en suis incroyablement reconnaissant.

plage baie de somme
plage baie de somme

II. Une pédagogie vivante au contact de la baie

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec des enfants ?

Dès ma formation d’animateur nature, le public scolaire s’est imposé comme une évidence. J’ai tout de suite aimé concevoir et animer des sorties pour les enfants : c’est un public spontané, participatif, créatif, plein d’énergie et totalement sans filtre. Travailler avec eux, c’est l’assurance d’avoir une nouvelle anecdote inattendue et authentique à chaque sortie !

En revanche, cette belle énergie demande une vraie rigueur. Il est indispensable de préparer les séances avec soin pour toujours capter leur attention. Sur le terrain, tout est une question de rythme : j’alterne systématiquement les temps de marche, les jeux et les moments d’observation plus calmes. C’est cette variété qui permet de maintenir leur curiosité en éveil tout en variant les plaisirs de la découverte.

 

Qu’est-ce qui vous anime lorsque vous intervenez auprès des élèves ? Qu’est-ce cherchez vous à éveiller chez eux ?

Ce qui me passionne avant tout, c’est le spectacle de la nature et l’émerveillement qu’il procure. Ma démarche éducative suit une logique très simple : apprendre à observer pour découvrir, découvrir pour aimer, et enfin aimer pour protéger.

Il est essentiel pour moi de sensibiliser les élèves aux « super-pouvoirs » de la nature et de la biodiversité. Je veux leur montrer à la fois sa fragilité et son incroyable capacité de résilience, tout en leur faisant prendre conscience que nous faisons partie intégrante de cet ensemble.

Mon objectif est qu’en suscitant leur curiosité et leur émerveillement, nos enfants deviennent demain de véritables « guérilleros » de la protection de la biodiversité. Réussir à éveiller cette conscience, tout en révélant les talents propres à chaque élève sur le terrain, c’est pour moi la plus belle des réussites.

 

Quelles approches aimez-vous utiliser pour faire découvrir la Baie de Somme aux élèves ?

Pour maintenir l’attention des élèves, le secret est la variété. On sait que le temps de concentration des enfants est court par rapport au temps global d’activité ; il faut donc constamment les surprendre, les responsabiliser et les engager en toute sécurité. C’est en mixant le jeu, la manipulation et la réflexion qu’ils développent véritablement des compétences d’éco-citoyens.

Concrètement, sur une sortie de deux heures, j’aime découper la séance en 4 à 6 temps d’animation bien distincts, en croisant trois grandes approches :

  • L’approche sensorielle : appréhender le milieu par le toucher et l’expérimentation.
  • L’approche cérébrale : prendre le temps de l’observation, de la compréhension et de l’analyse.
  • L’approche dynamique : favoriser la participation à travers le jeu.

Pour vous donner une anecdote de terrain : je ne laisse jamais les parents accompagnateurs inactifs en fin de file. Je les utilise comme de véritables assistants pour encadrer des petites équipes et animer les ateliers. Bien souvent, ils se prennent autant au jeu que les élèves ! Cela permet d’avoir une dynamique de groupe excellente pour alterner avec fluidité une présentation, une observation minutieuse, un jeu actif, puis un atelier pratique.

 

Qu’aimez-vous transmettre aux élèves à travers vos interventions lors des séjours scolaires ?

Ce que je souhaite transmettre en premier lieu, c’est clairement la curiosité et l’émerveillement. J’invite les élèves à se mettre en quête du merveilleux, à garder leurs yeux d’enfants pour rechercher la beauté, ce que j’appelle « l’or de l’ordinaire ».

Mais mon rôle est aussi de leur transmettre la confiance, le respect des différences et de leur faire comprendre la notion d’interdépendance. Dans la nature, la diversité est une force absolue et un élément essentiel au fonctionnement d’un écosystème : chaque être a son rôle et sa place précise pour former un grand tout.

J’aime beaucoup leur faire observer la vase. Au premier abord, les élèves n’y voient rien de passionnant. Mais quand on y regarde de plus près et qu’ils découvrent la richesse du benthos, tous ces minuscules êtres vivants cachés qui sont la base de la nourriture des oiseaux, ils réalisent immédiatement que même le plus petit maillon, si différent et ordinaire soit-il, est indispensable à l’équilibre de toute la baie.

crabe plage main élève
crabe plage main élève

III. L’énergie des élèves comme moteur

Qu’est-ce que ces séjours vous apportent personnellement ? 

C’est une expérience géniale. Ne nous le cachons pas, encadrer un groupe d’élèves demande énormément d’énergie ! Mais c’est tellement gratifiant de les voir s’amuser et goûter à un vrai sentiment de liberté en pleine nature.

Ils me surprennent constamment par leur spontanéité, leur humour, leur joie de vivre et leur réelle envie de bien faire. Pour vous donner une anecdote toute simple : lorsque je leur fais découvrir les plantes de notre littoral et que je les invite à goûter un peu de salicorne ou une baie d’argousier, leurs grimaces totalement spontanées face au goût salé ou acide déclenchent toujours des fous rires collectifs. C’est cette authenticité et ce côté « sans filtre » qui rendent chaque séjour unique et qui m’apportent tant personnellement.

 

Que souhaiteriez-vous que les élèves gardent comme souvenir ?

De retour chez eux, mon plus grand souhait est qu’ils conservent un regard curieux et tolérant sur le monde. Je veux qu’ils gardent foi en cette « magie » et aux super-pouvoirs de la nature que nous avons pu observer ensemble.

L’idéal, c’est qu’ils continuent de cultiver ce sens du merveilleux au quotidien et leur capacité à s’émerveiller des choses les plus simples. C’est exactement le message que j’essaie de leur faire passer à travers des gestes du quotidien : quand je ramasse de simples bouts de cerclage abandonnés sur la plage pour en fabriquer de petits poissons décoratifs, le but est de leur montrer que la beauté et l’extraordinaire ne se trouvent pas qu’à la télévision ou dans des paysages lointains. Ils se cachent absolument partout, même juste en bas de chez eux, pour peu qu’on prenne le temps de regarder.

Pour conclure

Avec Maxim, une sortie en Baie de Somme ne se résume jamais à une simple balade.

Elle devient une invitation à ralentir, à observer, à chercher ce qui se cache dans la vase, sur la plage, dans les herbes ou dans le vol des oiseaux. Son approche mêle récits, jeux, sensations et petites surprises de terrain pour aider les élèves à comprendre que la nature se révèle souvent dans les détails. À ses côtés, lors des séjours en Hauts-de-France, les élèves apprennent à regarder le vivant avec plus de curiosité, de respect et d’attention.

🎤 L'Interview Bonus
Si vous étiez une espèce de la Baie de Somme, vous seriez… ?
Je pense que je serai une puce de mer, capable de faire des sauts gigantesques et ma mission serait de nettoyer la plage. Rien ne se perd, tout se transforme. merci les décomposeurs !
Une chose qui vous inspire ou vous motive chaque jour ?
La beauté des choses simples, la curiosité de ce qui m'attend dans la journée: rencontre, observation ? Mystère et suspens...
La chose dont vous ne pourriez jamais vous séparer ?
Ma paire de jumelle, voir loin sans déranger, avoir accès.
Si vous aviez un mantra, ce serait… ?
Du merveilleux, partout!

Retrouvez également notre interview de Maxim lors d’une activité Beach Art en Baie de Somme sur notre Instagram !